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Vive les campagnes jumelées

mardi 20 janvier 2009, par SMG

Quand est ce qu’on nous proposera un véritable débat démocratique ?


A Strasbourg, lors de la présentation de ses vœux au monde hospitalier, M. Sarkozy a affirmé que le problème de l’hôpital aujourd’hui n’est pas un problème de moyens, mais qu’il fallait se réorganiser. Quelle nouvelle ! Depuis 2002, les plans de réorganisation s’abattent sur l’hôpital comme une pluie équatoriale. Il y a eu la réforme de l’informatisation, celle de la tarification à l’activité, celle de la gouvernance avec la création des pôles médicaux, les rapprochements avec l’hospitalisation privée... et celle que nous prépare la nouvelle loi : Hôpital, Patient, Santé et Territoire (HPST). Il serait plus responsable avant d’enclencher la nouvelle réorganisation de faire le bilan des précédentes, mais non là n’est pas le sujet puisque qu’il s’agit en la matière de faire de la politique et puisque que celle-ci est réduite à faire de la communication, et bien communiquons !!!
Comme une bonne campagne de communication s’inspire de la publicité, allons-y pour la campagne jumelée : premier temps à Strasbourg « il faut se réorganiser », deuxième temps à l’hôpital Beaujon à Clichy en banlieue Parisienne, M. Juvin secrétaire national de l’UMP, « il y a 10.000 décès évitables par an dans les hôpitaux ». Comme il est difficile de dire que c’est la faute aux soignants, car M. Juvin, qui est chef de service des urgences de l’hôpital Beaujon, voit bien chaque jour que si l’hôpital fonctionne encore c’est bien grâce au travail dévoué des personnels, le responsable c’est l’organisation : c’est ce qu’il fallait démontrer.
Ce chiffre de 10,000 morts, qui mélange morts évitables avec erreurs médicales, est fait pour affoler le citoyen et le convaincre que le gouvernement fait face et va résoudre le problème. En réalité, ce chiffre vient d’extrapolation et n’a rien de scientifique. Et pour cause, on ne mesure pas en France de manière sérieuse la qualité des soins. Une récente étude de l’IRDES (1) de décembre 2008 s’interroge sur comment mesurer la qualité des soins pour l’améliorer, c’est dire que l’on est encore loin du compte. Mais peu importe pour l’UMP, et tant pis si on mélange tout, tant pis si on montre du doigt les services médicaux qui prennent en charge les malades graves et prennent des risques pour les sauver, tant pis si on confond infections nosocomiales avec risque thérapeutique, bref c’est du grand n’importe quoi, c’est la politique de santé en France. Si déjà on pouvait se mettre d’accord sur ce qu’est la qualité des soins, ce qui la différencie de la qualité de santé, de savoir s’il faut développer une politique d’amélioration des soins ou travailler à l’amélioration d’un système de santé qui ne se réduit pas aux soins... que de questions et de problèmes en suspend qui mériteraient un véritable débat professionnel et démocratique, mais nous éloigneraient de la communication et des campagnes jumelées de promotion de la politique spectacle.
Au SMG, nous sommes preneur de ce débat.
(1) Irdes : Institut de recherche et documentation en économie de la santé : étude la qualité des soins en France.

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Vive les campagnes jumelées

mardi 20 janvier 2009, par SMG.
Mis à jour le samedi 21 mars 2009

Quand est ce qu’on nous proposera un véritable débat démocratique ?


A Strasbourg, lors de la présentation de ses vœux au monde hospitalier, M. Sarkozy a affirmé que le problème de l’hôpital aujourd’hui n’est pas un problème de moyens, mais qu’il fallait se réorganiser. Quelle nouvelle ! Depuis 2002, les plans de réorganisation s’abattent sur l’hôpital comme une pluie équatoriale. Il y a eu la réforme de l’informatisation, celle de la tarification à l’activité, celle de la gouvernance avec la création des pôles médicaux, les rapprochements avec l’hospitalisation privée... et celle que nous prépare la nouvelle loi : Hôpital, Patient, Santé et Territoire (HPST). Il serait plus responsable avant d’enclencher la nouvelle réorganisation de faire le bilan des précédentes, mais non là n’est pas le sujet puisque qu’il s’agit en la matière de faire de la politique et puisque que celle-ci est réduite à faire de la communication, et bien communiquons !!!
Comme une bonne campagne de communication s’inspire de la publicité, allons-y pour la campagne jumelée : premier temps à Strasbourg « il faut se réorganiser », deuxième temps à l’hôpital Beaujon à Clichy en banlieue Parisienne, M. Juvin secrétaire national de l’UMP, « il y a 10.000 décès évitables par an dans les hôpitaux ». Comme il est difficile de dire que c’est la faute aux soignants, car M. Juvin, qui est chef de service des urgences de l’hôpital Beaujon, voit bien chaque jour que si l’hôpital fonctionne encore c’est bien grâce au travail dévoué des personnels, le responsable c’est l’organisation : c’est ce qu’il fallait démontrer.
Ce chiffre de 10,000 morts, qui mélange morts évitables avec erreurs médicales, est fait pour affoler le citoyen et le convaincre que le gouvernement fait face et va résoudre le problème. En réalité, ce chiffre vient d’extrapolation et n’a rien de scientifique. Et pour cause, on ne mesure pas en France de manière sérieuse la qualité des soins. Une récente étude de l’IRDES (1) de décembre 2008 s’interroge sur comment mesurer la qualité des soins pour l’améliorer, c’est dire que l’on est encore loin du compte. Mais peu importe pour l’UMP, et tant pis si on mélange tout, tant pis si on montre du doigt les services médicaux qui prennent en charge les malades graves et prennent des risques pour les sauver, tant pis si on confond infections nosocomiales avec risque thérapeutique, bref c’est du grand n’importe quoi, c’est la politique de santé en France. Si déjà on pouvait se mettre d’accord sur ce qu’est la qualité des soins, ce qui la différencie de la qualité de santé, de savoir s’il faut développer une politique d’amélioration des soins ou travailler à l’amélioration d’un système de santé qui ne se réduit pas aux soins... que de questions et de problèmes en suspend qui mériteraient un véritable débat professionnel et démocratique, mais nous éloigneraient de la communication et des campagnes jumelées de promotion de la politique spectacle.
Au SMG, nous sommes preneur de ce débat.
(1) Irdes : Institut de recherche et documentation en économie de la santé : étude la qualité des soins en France.

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