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Lettre aux adhérents SMG du 23 mars 2010

mardi 23 mars 2010, par SMG

Chères adhérentes, chers adhérents,

Nous vous écrivons, en ce printemps 2010, car le mouvement social des médecins généralistes évolue, prend une ampleur importante, pas si inattendue que cela, et appelle à un nouveau positionnement du Syndicat de la Médecine Générale, d’autant plus que bon nombre d’entre vous avez interpellé la commission exécutive début mars dans deux directions :
1) pour savoir ce qu’elle allait faire face à la décision des quatre syndicats de généralistes d’engager un mouvement de colère : MG-France, SNJMG, UC et UG,
2) pour critiquer ensuite la relative prudence du bureau du SMG vis-à-vis de ce mouvement, tant sur les formes d’action proposées (grève de la télétransmission, fermeture des cabinets sur une journée, etc) que sur le fond (mot d’ordre initial uniquement centré sur la revendication tarifaire).

Nous parlerons d’abord de l’APPEL « Il faut sauver la médecine générale », qui a été lancé à la fin du mois de janvier 2010, tout au début de la mobilisation actuelle des généralistes, ce qui donne aux organisateurs, SMG et SNJMG, une certaine légitimité dans le débat, et nous relaterons la chronologie des faits de la semaine écoulée.
Une conférence de presse a eu lieu le 17 mars 2010 à Paris, au Sénat, à l’initiative du comité d’organisation, afin de sortir l’APPEL de la confidentialité et de le diffuser largement auprès des généralistes. D’ores et déjà, celui-ci remporte un franc succès : plus de 1000 signatures au 19 mars, moins de deux mois après son lancement. Cette mobilisation est « énorme » selon l’un des responsables de MG-France, présent à la conférence de presse.
L’APPEL est relayé par l’Humanité du 18 mars (1). Etaient présents également, des journalistes de Politis et du Quotidien du médecin.
Le SMG a annoncé, à cette occasion, qu’il participerait à la convergence des quatre syndicats qui ont lancé la grève du 11 mars, tout en gardant sa liberté de critiquer à la fois les formes d’action et le fond des revendications. Le SMG s’inscrit donc dans une sorte de mouvement dans le mouvement.

Le lendemain, le 18 mars, a eu lieu au siège de MG-France, une conférence de presse des quatre syndicats grévistes du 11 mars. Nous y avons été invités, ce qui marque un changement au sein de la nouvelle direction de MG-France, qui nous considère désormais, nous l’espérons, comme un partenaire à part entière. Le SMG y est allé car nous avons bien l’intention de peser sur les discussions en cours au sein du mouvement des généralistes. Nous avons répété les valeurs contenues dans l’APPEL et rappelé, à cette occasion, notre opposition totale de 2009 à la loi HPST et notre demande de retrait de cette loi qui aggrave l’accès aux soins de la population et favorise le profit des intérêts privés au détriment de la santé publique.

Le malaise des médecins généralistes dépasse de loin la revendication tarifaire, il est profond. Nous devons même parler de crise de reconnaissance et de légitimité des professionnels de santé de premier recours, dans un système de soins financé de moins en moins de manière solidaire, où les complémentaires et les assureurs, par leurs tarifs croissants, et le gouvernement, par les mesures de franchises et de déremboursements, jettent dans le renoncement aux soins de plus en plus de nos patients, parmi les plus pauvres, nous rendant impuissants à les soigner surtout en cette période de crise globale. Le système du tiers payant est largement mis à mal notamment depuis l’enterrement de l’option médecin référent. Le gouvernement de son côté, n’a de cesse de « responsabiliser » les patients, ce qui signifie les faire payer toujours plus leurs soins. Le SMG ne peut pas ne pas tenir compte de ce contexte.

Vous le savez, le SMG rejette les contrats d’amélioration des pratiques individuelles (CAPI), pour de nombreuses raisons : contractualisation individuelle court-circuitant le conventionnement collectif, critères d’objectifs médico-sociaux non débattus démocratiquement et ne tenant aucun compte des inégalités sociales de santé, mode de revenu à type d’intéressement et de performance qui conduit à la perte de confiance médecin-malade, danger ultérieur de contractualisation individuelle médecins-assureurs privés ouvrant une boite de Pandore, etc. Si ces CAPI ont eu autant de succès (jusqu’à 13 000 signatures) c’est qu’ils sont nés et se propagent sur le terreau désespérant de la non reconnaissance du métier (par le blocage de l’évolution des revenus et de l’alignement du tarif de consultation des généralistes sur le CS) et de la non reconnaissance des fonctions, multiples et complexes, des généralistes.
Le SMG revendique d’autres modes de rémunération qui visent à asseoir une reconnaissance de la profession ET à réduire les inégalités d’accès aux soins et sociales de santé : forfaitisation, salariat, capitation.

L’APPEL "il faut sauver la médecine générale" est donc une pierre de plus pour la promotion des valeurs d’indépendance et de solidarité, indispensables à des soins de qualité.
Le SMG a décidé de porter ces valeurs fortes contenues dans l’APPEL :
1) A l’occasion du congrès de MG-France à la fin du mois de mars à Lille. MG-France a invité officiellement le SMG à siéger à la tribune.
2) En donnant une suite à notre mobilisation en lien avec le mouvement généraliste mais sur les valeurs que nous défendons.
Pour cela, et dans la perspective de la nouvelle journée de mobilisation du 8 avril nous vous adresserons très prochainement un nouveau courrier pour vous faire des propositions à débattre.

Par ailleurs nos prochaines rencontres nationales seront des temps forts de débat et nous vous invitons, à réserver vos dates et à venir y participer
- le 8 mai 2010 à Malakoff lors de la réunion de la Commission exécutive qui est ouverte à tous les adhérents,
- le 5 juin 2010 à Paris lors de notre Journée de printemps : des précisions vous seront données très prochainement .

Continuons ensemble à faire signer autour de nous l’APPEL « Il faut sauver la médecine générale » sur le site : http://sauvons-la-medecine-generale.org/index.php

Toutes nos amitiés syndicales,

Patrick Dubreil, président du SMG
L’ensemble du bureau du SMG

(1) Une demande de rectification a été adressée au journal « l’Humanité » : contrairement aux propos rapportés, le SMG a demandé le retrait complet de la loi HPST en 2009.

P.-S.

PS. Si vous n’avez pas renouvelé votre adhésion et que vous n’êtes pas en prélèvement automatique nous vous rappelons l’importance de le faire pour porter ensemble les valeurs que nous défendons (bulletin d’adhésion sur le site).

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Lettre aux adhérents SMG du 23 mars 2010

mardi 23 mars 2010, par SMG.
Mis à jour le jeudi 25 mars 2010

Chères adhérentes, chers adhérents,

Nous vous écrivons, en ce printemps 2010, car le mouvement social des médecins généralistes évolue, prend une ampleur importante, pas si inattendue que cela, et appelle à un nouveau positionnement du Syndicat de la Médecine Générale, d’autant plus que bon nombre d’entre vous avez interpellé la commission exécutive début mars dans deux directions :
1) pour savoir ce qu’elle allait faire face à la décision des quatre syndicats de généralistes d’engager un mouvement de colère : MG-France, SNJMG, UC et UG,
2) pour critiquer ensuite la relative prudence du bureau du SMG vis-à-vis de ce mouvement, tant sur les formes d’action proposées (grève de la télétransmission, fermeture des cabinets sur une journée, etc) que sur le fond (mot d’ordre initial uniquement centré sur la revendication tarifaire).

Nous parlerons d’abord de l’APPEL « Il faut sauver la médecine générale », qui a été lancé à la fin du mois de janvier 2010, tout au début de la mobilisation actuelle des généralistes, ce qui donne aux organisateurs, SMG et SNJMG, une certaine légitimité dans le débat, et nous relaterons la chronologie des faits de la semaine écoulée.
Une conférence de presse a eu lieu le 17 mars 2010 à Paris, au Sénat, à l’initiative du comité d’organisation, afin de sortir l’APPEL de la confidentialité et de le diffuser largement auprès des généralistes. D’ores et déjà, celui-ci remporte un franc succès : plus de 1000 signatures au 19 mars, moins de deux mois après son lancement. Cette mobilisation est « énorme » selon l’un des responsables de MG-France, présent à la conférence de presse.
L’APPEL est relayé par l’Humanité du 18 mars (1). Etaient présents également, des journalistes de Politis et du Quotidien du médecin.
Le SMG a annoncé, à cette occasion, qu’il participerait à la convergence des quatre syndicats qui ont lancé la grève du 11 mars, tout en gardant sa liberté de critiquer à la fois les formes d’action et le fond des revendications. Le SMG s’inscrit donc dans une sorte de mouvement dans le mouvement.

Le lendemain, le 18 mars, a eu lieu au siège de MG-France, une conférence de presse des quatre syndicats grévistes du 11 mars. Nous y avons été invités, ce qui marque un changement au sein de la nouvelle direction de MG-France, qui nous considère désormais, nous l’espérons, comme un partenaire à part entière. Le SMG y est allé car nous avons bien l’intention de peser sur les discussions en cours au sein du mouvement des généralistes. Nous avons répété les valeurs contenues dans l’APPEL et rappelé, à cette occasion, notre opposition totale de 2009 à la loi HPST et notre demande de retrait de cette loi qui aggrave l’accès aux soins de la population et favorise le profit des intérêts privés au détriment de la santé publique.

Le malaise des médecins généralistes dépasse de loin la revendication tarifaire, il est profond. Nous devons même parler de crise de reconnaissance et de légitimité des professionnels de santé de premier recours, dans un système de soins financé de moins en moins de manière solidaire, où les complémentaires et les assureurs, par leurs tarifs croissants, et le gouvernement, par les mesures de franchises et de déremboursements, jettent dans le renoncement aux soins de plus en plus de nos patients, parmi les plus pauvres, nous rendant impuissants à les soigner surtout en cette période de crise globale. Le système du tiers payant est largement mis à mal notamment depuis l’enterrement de l’option médecin référent. Le gouvernement de son côté, n’a de cesse de « responsabiliser » les patients, ce qui signifie les faire payer toujours plus leurs soins. Le SMG ne peut pas ne pas tenir compte de ce contexte.

Vous le savez, le SMG rejette les contrats d’amélioration des pratiques individuelles (CAPI), pour de nombreuses raisons : contractualisation individuelle court-circuitant le conventionnement collectif, critères d’objectifs médico-sociaux non débattus démocratiquement et ne tenant aucun compte des inégalités sociales de santé, mode de revenu à type d’intéressement et de performance qui conduit à la perte de confiance médecin-malade, danger ultérieur de contractualisation individuelle médecins-assureurs privés ouvrant une boite de Pandore, etc. Si ces CAPI ont eu autant de succès (jusqu’à 13 000 signatures) c’est qu’ils sont nés et se propagent sur le terreau désespérant de la non reconnaissance du métier (par le blocage de l’évolution des revenus et de l’alignement du tarif de consultation des généralistes sur le CS) et de la non reconnaissance des fonctions, multiples et complexes, des généralistes.
Le SMG revendique d’autres modes de rémunération qui visent à asseoir une reconnaissance de la profession ET à réduire les inégalités d’accès aux soins et sociales de santé : forfaitisation, salariat, capitation.

L’APPEL "il faut sauver la médecine générale" est donc une pierre de plus pour la promotion des valeurs d’indépendance et de solidarité, indispensables à des soins de qualité.
Le SMG a décidé de porter ces valeurs fortes contenues dans l’APPEL :
1) A l’occasion du congrès de MG-France à la fin du mois de mars à Lille. MG-France a invité officiellement le SMG à siéger à la tribune.
2) En donnant une suite à notre mobilisation en lien avec le mouvement généraliste mais sur les valeurs que nous défendons.
Pour cela, et dans la perspective de la nouvelle journée de mobilisation du 8 avril nous vous adresserons très prochainement un nouveau courrier pour vous faire des propositions à débattre.

Par ailleurs nos prochaines rencontres nationales seront des temps forts de débat et nous vous invitons, à réserver vos dates et à venir y participer
- le 8 mai 2010 à Malakoff lors de la réunion de la Commission exécutive qui est ouverte à tous les adhérents,
- le 5 juin 2010 à Paris lors de notre Journée de printemps : des précisions vous seront données très prochainement .

Continuons ensemble à faire signer autour de nous l’APPEL « Il faut sauver la médecine générale » sur le site : http://sauvons-la-medecine-generale.org/index.php

Toutes nos amitiés syndicales,

Patrick Dubreil, président du SMG
L’ensemble du bureau du SMG

(1) Une demande de rectification a été adressée au journal « l’Humanité » : contrairement aux propos rapportés, le SMG a demandé le retrait complet de la loi HPST en 2009.

P.-S.

PS. Si vous n’avez pas renouvelé votre adhésion et que vous n’êtes pas en prélèvement automatique nous vous rappelons l’importance de le faire pour porter ensemble les valeurs que nous défendons (bulletin d’adhésion sur le site).

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