Accueil > Communiqués de presse > 2015 > Des leçons politiques de la grève des médecins généralistes

Des leçons politiques de la grève des médecins généralistes

vendredi 23 janvier 2015, par SMG

I. NOTRE BILAN

En ce début d’année 2015, le mouvement de grève et de protestation des médecins généralistes contre le projet de loi du gouvernement relatif à la santé a été très suivi. Beaucoup pourront constater et regretter la cacophonie des revendications, allant de la revalorisation des actes au refus du tiers-payant et de la délégation de tâches. Dans un contexte socio-économique difficile pour beaucoup de nos patients, cette grève est parfois perçue comme la défense de privilèges d’une classe favorisée.

La gestion de cette grève révèle le mépris politique dont fait l’objet les soins primaires en France, qui n’ont jamais fait l’objet d’une réelle politique publique.

Nous pouvons ainsi constater la crispation et le refus de négociations du gouvernement avec les généralistes, alors que les revendications d’inflation tarifaire des spécialistes des cliniques ont été acceptées, avant même l’appel à la grève. Deux poids, deux mesures. Ce passage en force prouve le mépris des élites pour les soins de premiers recours et le pouvoir des médecins libéraux spécialistes d’organes sur les politiques de santé.

Nous vivons et partageons la crise des soins primaires avec nos collègues grévistes. Nous analysons ce mouvement de protestation comme une crise systémique et ancienne des soins primaires. Les conditions d’exercice sont difficiles : surcharge de travail, désertification médicale, absence de coordination, isolement professionnel, etc.

De plus, alors que la filière généraliste représente plus de la moitié des professionnels, celle-ci reste chroniquement sous-dotée en matière de recherche, d’enseignement et d’argent.

Ainsi cette souffrance et ce malaise de la profession sont-ils la conséquence d’une absence de politique et d’un laisser-faire libéral dans le champ des soins de premiers recours.

II. NOTRE POSITION

Nous avons refusé d’appeler à faire grève car :

1/ Les revendications contradictoires ne répondent pas au problème global que nous posons : comment construire un système de santé solidaire indépendant et accessible à tous ?

2/ Les motifs de la grève nous ont semblé corporatistes, défendant un modèle libéral de la médecine : inflation tarifaire, non remise en cause du paiement à l’acte, conservatisme du pouvoir médical avec le refus de la délégation de tâches, refus en bloc du tiers payant qui est un outil de justice sociale.

Nous ne défendrons pas le projet de loi de santé publique de Marisol Touraine :

1/ Parce qu’il ne donne pas de garanties quant à la gestion du tiers-payant, qui doit nécessairement être réalisé par le régime de base au sein de l’Assurance Maladie.
Sans ce guichet unique au sein du système de protection sociale public et solidaire, les systèmes assurantiels complémentaires chercheront à séduire des médecins excédés par des problèmes administratifs, en ouvrant leur porte à des contractualisations individuelles, comme aux USA, où la médecine sélectionne les patients par l’argent. Cela, nous le refusons.

2/ Parce que ce projet ne dit rien sur la nécessaire organisation des soins de premiers recours. Le rapport Cordier de 2013, relatif à une stratégie nationale de santé des soins primaires aurait pu être un bon point de départ.

Par ailleurs, nous regrettons le non-respect des promesses de François Hollande sur la suppression des franchises médicales et l’interdiction des dépassements d’honoraires, qui font le jeu des assurances privées. Nous regrettons l’accord national inter-entreprises (ANI) qui, au lieu d’étendre le remboursement des soins par l’Assurance maladie, confère aux complémentaires santé un pouvoir accru et ne garantit pas une couverture de qualité. Nous regrettons également la disparition programmée de la médecine du travail avec, entre autres, la loi Macron.
Il en va ainsi de l’ambivalence et du cynisme d’un gouvernement durablement converti au libéralisme et qui n’ose pas mener une politique sociale de santé digne de ce nom.

III NOS PROPOSITIONS

1) des propositions immédiates :
- suppression des franchises médicales
- établissement par voie législative – et non conventionnelle - d’une planification pour l’extension des nouveaux modes de rémunération pour leur réelle pérennité
- garantie d’un guichet unique au sein de la Sécurité sociale solidaire pour la gestion du tiers payant généralisé (nous demandons au gouvernement d’indiquer publiquement les principaux obstacles actuels et pourquoi ils ne sont pas résolus).

2) à terme, des propositions structurelles :

ETABLIR ET AFFIRMER NOTRE MISSION DE SERVICE PUBLIC
- Définition des missions des soignants de soins primaires en fonction des besoins de soins et de santé de la population. Nous convoquons donc des Etats généraux de la santé.
- En fonction de ces missions, redéfinition de nos modes de rémunération : sortie du paiement à l’acte majoritaire et évolution vers capitation, salariat, forfait.

GARANTIR LE MAINTIEN D’UN SYSTEME DE PROTECTION SOCIALE SOLIDAIRE
- Unification des régimes de base en une caisse universelle. Extension de la Sécurité sociale publique qui est la plus solidaire et la moins coûteuse, au détriment des systèmes assurantiels privés.
- Diminution puis suppression planifiée du ticket modérateur en soins primaires.
- Lutte contre les dispositifs favorisant la part des systèmes assurantiels : pour la suppression du secteur II et des dépassements d’honoraires, en tous points injustifiables, pour une vigilance accrue contre un système de guichet unifié au sein des systèmes assurantiels, pour la partie complémentaire du Tiers Payant Généralisé.

REORIENTER LE SYSTEME VERS UN SYSTEME DE SANTE ET DE SOINS PRIMAIRES
- Définition et construction d’un statut de praticien ambulatoire calqué sur le modèle des praticiens hospitaliers.
- Formation médicale initiale sur terrains de stage majoritairement extra-hospitaliers pour tous les futurs soignants, harmonisation des moyens de recherche entre médecine générale et autres spécialités.
- Valorisation de l’exercice regroupé et/ou coordonné des soignants, médecins et professionnels de santé, au sein de maisons pluri professionnelles, pôles de santé ou réseaux d’accès aux soins, en garantissant leur financement au niveau législatif et en clarifiant leur cahier des charges et leur projet.

LUTTER CONTRE LES CONFLITS D’INTERET
- Formation initiale et continue indépendante de l’industrie pharmaceutique.
- Contrôle du lobby pharmaceutique pour éviter à l’avenir des catastrophes type Mediator ou Lucentis/Avastin.
- Sanctuarisation du domaine de la santé face aux Partenariats publics privés (PPP).

Pour une loi de santé publique qui prenne en compte les besoins de la population et la place des professionnels de premier recours !

PETITION : http://www.smg-pratiques.info/Petition-Pour-un-tiers-payant.html

P.-S.

Contacts :
- Patrick DUBREIL, président : 06 32 70 92 37
- Martine LALANDE, vice-présidente : 06 03 36 66 17
- Evelyne MALATERRE, secrétaire : 06 83 25 35 17

Documents joints

  • Le 23 janvier 2015 à 22:04, par Corinne CASTRO

    Je suis plutôt d’accord avec vos remarques, notamment la nécessité de définir une politique de santé et de faire en sorte qu’elle soit solidaire. Je ne suis cependant pas d’accord sur le tiers payant généralisé :
    - d’une part, la médecine n’est pas gratuite et même si les factures des ordonnances apparaissent sur les bordereaux envoyés par la sécurité sociale, si le tiers payant se généralisait, les transactions deviendraient totalement fictives, déresponsabilisant les assurés
    - d’autre part, si l’on veut favoriser l’accès au soins, peut-être devrait-on proposer d’élever le plafond d’obtention de la CMU, de permettre la déduction d’une partie du coût d’une mutuelle des revenus imposables, enfin, de supprimer le remboursement par l’assuré des 50 centimes d’euros par boite de médicament ce qui me semble aussi inégalitaire que la TVA.

    Répondre à ce message

  • Le 24 janvier 2015 à 00:09

    Le 1/3P peut favoriser l’accès aux soins primaires encore faut-il que le patient ait une complémentaire. Ce qui est loin d’être toujours le cas. Ma pratique me montre que de nombreux malades en sont dépourvus ou sont en précarité car certains ne la prennent que pour 3 mois ou 6 mois. Il n’est pas toujours renouvelée.

    Nous avions l’OMR qui rémunérait au forfait sans réduire le paiement à l’acte : alliance de la carpe et du lapin.
    C’était cependant trop novateur pour les ultra-libéraux qui l’ont massacrée.

    Je pense qu’il faut avoir le courage politique, dans ce domaine de gros progrès sont à faire, de proposer des formes de rémunération innovantes : capitation par exemple avec totale disparition du paiement à l’acte pour ceux qui veulent le pratiquer. Dans ce domaine, on ne doit pas passer par la case expérimentation car cela se pratique ailleurs avec satisfaction.

    Répondre à ce message

  • Le 28 janvier 2015 à 13:55, par BATIGNE Stéphane

    Bonjour
    Je suis le secrétaire départemental de la Fédération Générale des Retraités de la Fonction publique et nous organisons notre AG le 11 mai à Salt en Donzy dans la Loire avec une partie (10h30-12h) consacrée à un thème : santé-patient-médecin

    Nous aurions aimé que quelqu’un de votre syndicat vienne nous parler de vos positions actuelles, des raisons de votre non participation à la grève, de votre analyse de la loi santé en débats ..
    Ce serait une intervention d’une demi-heure, 3/4 h maxi, pour un débat, questions, réponses de même durée.
    l’intervenant serait notre invité au repas qui suivra et ses frais de déplacement pris en charge.
    Pour vous donner un aperçu de nos positions, je vous joins notre dernier communiqué du 30/1
    Nos positions de Congrès se trouvent sur notre site national.
    Espérant une réponse positive
    Stéphane BATIGNE Secrétaire départemental

    Communiqué FGR-FP du 27 janvier 2015
    L’accès aux soins pour tous, une priorité pour la FGR-FP !

    La FGR-FP fait de l’accès aux soins une priorité, notamment pour les retraités particulièrement concernés. Parmi les nombreux obstacles qui se dressent contre cet accès aux soins (déserts médicaux, dépassements d’honoraires, éloignement des structures médicales ou paramédicales...) les difficultés financières sont un motif grandissant de renoncement à une consultation ou un achat en relation avec la santé. Cette situation qu’attestent de nombreuses enquêtes est confirmée par les propos des personnes interrogées qui disent souvent que la pratique du tiers payant aurait pu leur éviter de reporter ou renoncer à ces soins.
    La FGR-FP revendique depuis longtemps la généralisation du tiers payant. Elle s’est donc félicitée de trouver cette mesure dans le projet de loi sur la santé qui devrait être examiné par le parlement au 2ème trimestre. Elle souhaite que cette généralisation, prévue pour 2017, soit effective et, si possible, mise en place plus rapidement.
    Elle se réjouit de la prise de position du Syndicat de la Médecine Générale en faveur du tiers payant généralisé qu’il considère comme un outil fondamental de justice sociale.
    Le tiers payant étant déjà pratiqué dans de nombreuses situations et par d’autres professions, notamment dans les centres de soins en ce qui concerne la médecine générale, les pharmacies, elle considère que les difficultés techniques de sa généralisation devraient trouver rapidement une solution et souhaite la réussite du groupe de travail mis en place à cette occasion.
    La FGR-FP continuera d’œuvrer pour lever les nombreux autres obstacles à l’accès aux soins de tous partout.

    Paris, le 27 janvier 2015

    Répondre à ce message

  • Le 28 janvier 2015 à 22:16, par SMG

    Le SMG se réjouit de partager avec la FGR-FP la revendication d’une généralisation du Tiers Payant avec un guichet unique public. Cela permettrait d’œuvrer contre les inégalités sociales et territoriales de santé.
    Nous allons par ailleurs étudier votre proposition dans les plus brefs délais.

    Répondre à ce message

  • Le 31 janvier 2015 à 11:30, par Condon Jean-Michel

    Bonjour,
    En tant que simple patient, je suis très heureux de découvrir ce discours que l’on n’a pas l’habitude d’entendre dans nos médias. Un service public de la santé !...
    Toutefois, dans vos propositions immédiates, rien ne concerne les "déserts médicaux". L’essentiel porte sur le financement des actes, mais encore faut-il y avoir accès géographiquement !...
    Serait-ce un tabou de proposer qu’un nouveau diplômé reçoive une affectation en fonction des postes vacants ?
    Comme c’est le cas pour les enseignants !
    J’attends impatiemment votre pétition.

    Répondre à ce message

  • Le 10 février 2015 à 10:58, par dominguez-jordan nicole

    soutien sans reserve

    }

    Répondre à ce message

  • Le 13 février 2015 à 22:11, par Lanja ANDRIAN

    A Corinne Castro,
    "la médecine n’est pas gratuite" : bien sûr. Il n’est pas question de gratuité. Les enseignants sont rémunérés pour le service public qu’ils prodiguent. Les élèves ( en tout cas la plupart) ne payent pas directement leur maître-sse chaque jour de l’année où ils vont en classe. Peut être que nous pourrions être aussi des personnes exerçant une mission de service public ?

    Mme CASTRO : il y a un hiatus entre vouloir ne pas "déresponsabiliser" les patients donc maintenir un échange d’argent entre soignant et patient et vouloir supprimer les 0,50 cts d’euros par boite de médicament, eux aussi mis en place pour responsabiliser les patients.

    Le sénat propose (enfin) une loi dans ce sens : supprimer les franchises, ce que le SMG réclame également. http://www.senat.fr/leg/ppl14-262.html

    La responsabilisation des patients est une faribole destinée à détourner les citoyens du vrai problème de financement de l’Assurance Maladie : les recettes ( et donc les cadeaux fiscaux)

    Répondre à ce message

  • Le 2 avril 2015 à 16:45, par Cavalli Lucien

    Halte à la médecine libérale du secteur 2, et leur serment d’hypocrite !

    Répondre à ce message

  • Le 24 novembre 2015 à 16:38, par terry

    Oui,la généralisation du tiers payant ,est incontournable,mais il faut faire payer à toutes ces fortunes qui refusent meme de payer l’impot !Et il se trouve des gens pour défendre le libéral ?On se demande bien pourquoi.Le gouvernement ne cesse de tergiverser sur cette question,il n’a pas de courage politique,il ne peut ignorer,que,contrairement à ce que l’on essaie de nous matraquer,on ferait des écomomies ,en soignant à temps des personnes malades !mais il est plus simple de nous culpabiliser,comme toujours.Et puis je suis pour que les médecins soient salariés ,comme tout service public,car c’en est un,qui se gave de l’argent de la sécu,bénéficie de la formation ,par le public,l’oublierai-t-il ?

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

Accueil > Communiqués de presse > 2015 > Des leçons politiques de la grève des médecins généralistes

Des leçons politiques de la grève des médecins généralistes

vendredi 23 janvier 2015, par SMG.
Mis à jour le mardi 3 février 2015

I. NOTRE BILAN

En ce début d’année 2015, le mouvement de grève et de protestation des médecins généralistes contre le projet de loi du gouvernement relatif à la santé a été très suivi. Beaucoup pourront constater et regretter la cacophonie des revendications, allant de la revalorisation des actes au refus du tiers-payant et de la délégation de tâches. Dans un contexte socio-économique difficile pour beaucoup de nos patients, cette grève est parfois perçue comme la défense de privilèges d’une classe favorisée.

La gestion de cette grève révèle le mépris politique dont fait l’objet les soins primaires en France, qui n’ont jamais fait l’objet d’une réelle politique publique.

Nous pouvons ainsi constater la crispation et le refus de négociations du gouvernement avec les généralistes, alors que les revendications d’inflation tarifaire des spécialistes des cliniques ont été acceptées, avant même l’appel à la grève. Deux poids, deux mesures. Ce passage en force prouve le mépris des élites pour les soins de premiers recours et le pouvoir des médecins libéraux spécialistes d’organes sur les politiques de santé.

Nous vivons et partageons la crise des soins primaires avec nos collègues grévistes. Nous analysons ce mouvement de protestation comme une crise systémique et ancienne des soins primaires. Les conditions d’exercice sont difficiles : surcharge de travail, désertification médicale, absence de coordination, isolement professionnel, etc.

De plus, alors que la filière généraliste représente plus de la moitié des professionnels, celle-ci reste chroniquement sous-dotée en matière de recherche, d’enseignement et d’argent.

Ainsi cette souffrance et ce malaise de la profession sont-ils la conséquence d’une absence de politique et d’un laisser-faire libéral dans le champ des soins de premiers recours.

II. NOTRE POSITION

Nous avons refusé d’appeler à faire grève car :

1/ Les revendications contradictoires ne répondent pas au problème global que nous posons : comment construire un système de santé solidaire indépendant et accessible à tous ?

2/ Les motifs de la grève nous ont semblé corporatistes, défendant un modèle libéral de la médecine : inflation tarifaire, non remise en cause du paiement à l’acte, conservatisme du pouvoir médical avec le refus de la délégation de tâches, refus en bloc du tiers payant qui est un outil de justice sociale.

Nous ne défendrons pas le projet de loi de santé publique de Marisol Touraine :

1/ Parce qu’il ne donne pas de garanties quant à la gestion du tiers-payant, qui doit nécessairement être réalisé par le régime de base au sein de l’Assurance Maladie.
Sans ce guichet unique au sein du système de protection sociale public et solidaire, les systèmes assurantiels complémentaires chercheront à séduire des médecins excédés par des problèmes administratifs, en ouvrant leur porte à des contractualisations individuelles, comme aux USA, où la médecine sélectionne les patients par l’argent. Cela, nous le refusons.

2/ Parce que ce projet ne dit rien sur la nécessaire organisation des soins de premiers recours. Le rapport Cordier de 2013, relatif à une stratégie nationale de santé des soins primaires aurait pu être un bon point de départ.

Par ailleurs, nous regrettons le non-respect des promesses de François Hollande sur la suppression des franchises médicales et l’interdiction des dépassements d’honoraires, qui font le jeu des assurances privées. Nous regrettons l’accord national inter-entreprises (ANI) qui, au lieu d’étendre le remboursement des soins par l’Assurance maladie, confère aux complémentaires santé un pouvoir accru et ne garantit pas une couverture de qualité. Nous regrettons également la disparition programmée de la médecine du travail avec, entre autres, la loi Macron.
Il en va ainsi de l’ambivalence et du cynisme d’un gouvernement durablement converti au libéralisme et qui n’ose pas mener une politique sociale de santé digne de ce nom.

III NOS PROPOSITIONS

1) des propositions immédiates :
- suppression des franchises médicales
- établissement par voie législative – et non conventionnelle - d’une planification pour l’extension des nouveaux modes de rémunération pour leur réelle pérennité
- garantie d’un guichet unique au sein de la Sécurité sociale solidaire pour la gestion du tiers payant généralisé (nous demandons au gouvernement d’indiquer publiquement les principaux obstacles actuels et pourquoi ils ne sont pas résolus).

2) à terme, des propositions structurelles :

ETABLIR ET AFFIRMER NOTRE MISSION DE SERVICE PUBLIC
- Définition des missions des soignants de soins primaires en fonction des besoins de soins et de santé de la population. Nous convoquons donc des Etats généraux de la santé.
- En fonction de ces missions, redéfinition de nos modes de rémunération : sortie du paiement à l’acte majoritaire et évolution vers capitation, salariat, forfait.

GARANTIR LE MAINTIEN D’UN SYSTEME DE PROTECTION SOCIALE SOLIDAIRE
- Unification des régimes de base en une caisse universelle. Extension de la Sécurité sociale publique qui est la plus solidaire et la moins coûteuse, au détriment des systèmes assurantiels privés.
- Diminution puis suppression planifiée du ticket modérateur en soins primaires.
- Lutte contre les dispositifs favorisant la part des systèmes assurantiels : pour la suppression du secteur II et des dépassements d’honoraires, en tous points injustifiables, pour une vigilance accrue contre un système de guichet unifié au sein des systèmes assurantiels, pour la partie complémentaire du Tiers Payant Généralisé.

REORIENTER LE SYSTEME VERS UN SYSTEME DE SANTE ET DE SOINS PRIMAIRES
- Définition et construction d’un statut de praticien ambulatoire calqué sur le modèle des praticiens hospitaliers.
- Formation médicale initiale sur terrains de stage majoritairement extra-hospitaliers pour tous les futurs soignants, harmonisation des moyens de recherche entre médecine générale et autres spécialités.
- Valorisation de l’exercice regroupé et/ou coordonné des soignants, médecins et professionnels de santé, au sein de maisons pluri professionnelles, pôles de santé ou réseaux d’accès aux soins, en garantissant leur financement au niveau législatif et en clarifiant leur cahier des charges et leur projet.

LUTTER CONTRE LES CONFLITS D’INTERET
- Formation initiale et continue indépendante de l’industrie pharmaceutique.
- Contrôle du lobby pharmaceutique pour éviter à l’avenir des catastrophes type Mediator ou Lucentis/Avastin.
- Sanctuarisation du domaine de la santé face aux Partenariats publics privés (PPP).

Pour une loi de santé publique qui prenne en compte les besoins de la population et la place des professionnels de premier recours !

PETITION : http://www.smg-pratiques.info/Petition-Pour-un-tiers-payant.html

P.-S.

Contacts :
- Patrick DUBREIL, président : 06 32 70 92 37
- Martine LALANDE, vice-présidente : 06 03 36 66 17
- Evelyne MALATERRE, secrétaire : 06 83 25 35 17

titre documents joints

Commentaires

  • Sur le tiers payant généralisé Le 23 janvier 2015 à 22:04, par Corinne CASTRO

    Je suis plutôt d’accord avec vos remarques, notamment la nécessité de définir une politique de santé et de faire en sorte qu’elle soit solidaire. Je ne suis cependant pas d’accord sur le tiers payant généralisé :
    - d’une part, la médecine n’est pas gratuite et même si les factures des ordonnances apparaissent sur les bordereaux envoyés par la sécurité sociale, si le tiers payant se généralisait, les transactions deviendraient totalement fictives, déresponsabilisant les assurés
    - d’autre part, si l’on veut favoriser l’accès au soins, peut-être devrait-on proposer d’élever le plafond d’obtention de la CMU, de permettre la déduction d’une partie du coût d’une mutuelle des revenus imposables, enfin, de supprimer le remboursement par l’assuré des 50 centimes d’euros par boite de médicament ce qui me semble aussi inégalitaire que la TVA.

    Répondre à ce message

  • Des leçons politiques de la grève des médecins généralistes Le 24 janvier 2015 à 00:09

    Le 1/3P peut favoriser l’accès aux soins primaires encore faut-il que le patient ait une complémentaire. Ce qui est loin d’être toujours le cas. Ma pratique me montre que de nombreux malades en sont dépourvus ou sont en précarité car certains ne la prennent que pour 3 mois ou 6 mois. Il n’est pas toujours renouvelée.

    Nous avions l’OMR qui rémunérait au forfait sans réduire le paiement à l’acte : alliance de la carpe et du lapin.
    C’était cependant trop novateur pour les ultra-libéraux qui l’ont massacrée.

    Je pense qu’il faut avoir le courage politique, dans ce domaine de gros progrès sont à faire, de proposer des formes de rémunération innovantes : capitation par exemple avec totale disparition du paiement à l’acte pour ceux qui veulent le pratiquer. Dans ce domaine, on ne doit pas passer par la case expérimentation car cela se pratique ailleurs avec satisfaction.

    Répondre à ce message

  • Pour une intervention dans notre AG FGR-FP Loire le 11 mai Le 28 janvier 2015 à 13:55, par BATIGNE Stéphane

    Bonjour
    Je suis le secrétaire départemental de la Fédération Générale des Retraités de la Fonction publique et nous organisons notre AG le 11 mai à Salt en Donzy dans la Loire avec une partie (10h30-12h) consacrée à un thème : santé-patient-médecin

    Nous aurions aimé que quelqu’un de votre syndicat vienne nous parler de vos positions actuelles, des raisons de votre non participation à la grève, de votre analyse de la loi santé en débats ..
    Ce serait une intervention d’une demi-heure, 3/4 h maxi, pour un débat, questions, réponses de même durée.
    l’intervenant serait notre invité au repas qui suivra et ses frais de déplacement pris en charge.
    Pour vous donner un aperçu de nos positions, je vous joins notre dernier communiqué du 30/1
    Nos positions de Congrès se trouvent sur notre site national.
    Espérant une réponse positive
    Stéphane BATIGNE Secrétaire départemental

    Communiqué FGR-FP du 27 janvier 2015
    L’accès aux soins pour tous, une priorité pour la FGR-FP !

    La FGR-FP fait de l’accès aux soins une priorité, notamment pour les retraités particulièrement concernés. Parmi les nombreux obstacles qui se dressent contre cet accès aux soins (déserts médicaux, dépassements d’honoraires, éloignement des structures médicales ou paramédicales...) les difficultés financières sont un motif grandissant de renoncement à une consultation ou un achat en relation avec la santé. Cette situation qu’attestent de nombreuses enquêtes est confirmée par les propos des personnes interrogées qui disent souvent que la pratique du tiers payant aurait pu leur éviter de reporter ou renoncer à ces soins.
    La FGR-FP revendique depuis longtemps la généralisation du tiers payant. Elle s’est donc félicitée de trouver cette mesure dans le projet de loi sur la santé qui devrait être examiné par le parlement au 2ème trimestre. Elle souhaite que cette généralisation, prévue pour 2017, soit effective et, si possible, mise en place plus rapidement.
    Elle se réjouit de la prise de position du Syndicat de la Médecine Générale en faveur du tiers payant généralisé qu’il considère comme un outil fondamental de justice sociale.
    Le tiers payant étant déjà pratiqué dans de nombreuses situations et par d’autres professions, notamment dans les centres de soins en ce qui concerne la médecine générale, les pharmacies, elle considère que les difficultés techniques de sa généralisation devraient trouver rapidement une solution et souhaite la réussite du groupe de travail mis en place à cette occasion.
    La FGR-FP continuera d’œuvrer pour lever les nombreux autres obstacles à l’accès aux soins de tous partout.

    Paris, le 27 janvier 2015

    Répondre à ce message

  • Des leçons politiques de la grève des médecins généralistes Le 28 janvier 2015 à 22:16, par SMG

    Le SMG se réjouit de partager avec la FGR-FP la revendication d’une généralisation du Tiers Payant avec un guichet unique public. Cela permettrait d’œuvrer contre les inégalités sociales et territoriales de santé.
    Nous allons par ailleurs étudier votre proposition dans les plus brefs délais.

    Répondre à ce message

  • Des leçons politiques de la grève des médecins généralistes Le 31 janvier 2015 à 11:30, par Condon Jean-Michel

    Bonjour,
    En tant que simple patient, je suis très heureux de découvrir ce discours que l’on n’a pas l’habitude d’entendre dans nos médias. Un service public de la santé !...
    Toutefois, dans vos propositions immédiates, rien ne concerne les "déserts médicaux". L’essentiel porte sur le financement des actes, mais encore faut-il y avoir accès géographiquement !...
    Serait-ce un tabou de proposer qu’un nouveau diplômé reçoive une affectation en fonction des postes vacants ?
    Comme c’est le cas pour les enseignants !
    J’attends impatiemment votre pétition.

    Répondre à ce message

  • Des leçons politiques de la grève des médecins généralistes Le 10 février 2015 à 10:58, par dominguez-jordan nicole

    soutien sans reserve

    }

    Répondre à ce message

  • Des leçons politiques de la grève des médecins généralistes Le 13 février 2015 à 22:11, par Lanja ANDRIAN

    A Corinne Castro,
    "la médecine n’est pas gratuite" : bien sûr. Il n’est pas question de gratuité. Les enseignants sont rémunérés pour le service public qu’ils prodiguent. Les élèves ( en tout cas la plupart) ne payent pas directement leur maître-sse chaque jour de l’année où ils vont en classe. Peut être que nous pourrions être aussi des personnes exerçant une mission de service public ?

    Mme CASTRO : il y a un hiatus entre vouloir ne pas "déresponsabiliser" les patients donc maintenir un échange d’argent entre soignant et patient et vouloir supprimer les 0,50 cts d’euros par boite de médicament, eux aussi mis en place pour responsabiliser les patients.

    Le sénat propose (enfin) une loi dans ce sens : supprimer les franchises, ce que le SMG réclame également. http://www.senat.fr/leg/ppl14-262.html

    La responsabilisation des patients est une faribole destinée à détourner les citoyens du vrai problème de financement de l’Assurance Maladie : les recettes ( et donc les cadeaux fiscaux)

    Répondre à ce message

  • Des leçons politiques de la grève des médecins généralistes Le 2 avril 2015 à 16:45, par Cavalli Lucien

    Halte à la médecine libérale du secteur 2, et leur serment d’hypocrite !

    Répondre à ce message

  • Des leçons politiques de la grève des médecins généralistes Le 24 novembre 2015 à 16:38, par terry

    Oui,la généralisation du tiers payant ,est incontournable,mais il faut faire payer à toutes ces fortunes qui refusent meme de payer l’impot !Et il se trouve des gens pour défendre le libéral ?On se demande bien pourquoi.Le gouvernement ne cesse de tergiverser sur cette question,il n’a pas de courage politique,il ne peut ignorer,que,contrairement à ce que l’on essaie de nous matraquer,on ferait des écomomies ,en soignant à temps des personnes malades !mais il est plus simple de nous culpabiliser,comme toujours.Et puis je suis pour que les médecins soient salariés ,comme tout service public,car c’en est un,qui se gave de l’argent de la sécu,bénéficie de la formation ,par le public,l’oublierai-t-il ?

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.