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Campagne : "Travailler tue en toute impunité : pour combien de temps encore ?"

mardi 24 juin 2014, par SMG

Signer l’appel : http://www.fondation-copernic.org/petition/index.php?petition=3

La Provence. com
Marseille : Le BTP regarde ses hommes tomber
MARSEILLE / PUBLIÉ LE VENDREDI 06/06/2014 À 05H27
L’inspection du travail dénonce le manque de sécurité

Ces barrières réglementaires de sécurité sont très souvent absentes sur les chantiers "moyens" (immeubles en R+2 ou 3). Les ouvriers y risquent leur vie en permanence.

Qu’avez-vous fait il y a cinq minutes ? Dans le BTP, en France, un ouvrier est tombé. Dans cinq minutes, il en tombera un autre. 288 chaque jour de l’année. Les chutes de hauteur sont la première cause d’accident du travail, d’incapacité et de mortalité dans le bâtiment. L’an passé, à l’échelle nationale, elles ont donné lieu à 1,86 millions de journées d’arrêt de travail, 47 décès et 2 044 incapacités permanentes (dans les Bouches-du-Rhône depuis le 1er janvier, on dénombre 9 accidents graves, dont un mortel à Marseille).

Des drames qui pourraient, le plus souvent, être évités avec d’élémentaires -et de fait, obligatoires !- mesures de sécurité. Or, celles-ci sont malheureusement trop peu souvent observées, comme vient encore de le constater la Direccte Paca au cours de deux journées de contrôle "coup de poing" sur les chantiers du département. "Nous avons ciblé les chantiers de type II, c’est-à-dire concernant des immeubles en R+2 ou 3", explique Vincent Tiano, directeur du travail. 171 entreprises sur 91 chantiers avaient été visitées en avril, 130 sociétés sur 106 chantiers en juin.

Le bilan ? Il fait peur. Échelles utilisées comme stations de travail, plateformes sans protection, trémies non-protégées, les ouvriers risquent leur vie en permanence. 211 infractions (deux par chantier) constatées en avril, 168 en juin. Des rappels à l’ordre ont été envoyés et 32 chantiers ont fait l’objet d’une décision d’arrêt temporaire des travaux. Contrôleurs du travail, Jérôme Lunel et Corinne Daiguemorte voient ces interventions comme "une façon de faire de la prévention" dans un monde peu sensible à la protection des salariés. "C’est une question de culture, de mentalité, soupire Mme Daiguemorte. On y considère que c’est un métier d’homme, que c’est normal d’y prendre des risques." En la matière, le BTP n’est "peut-être pas le plus mauvais élève de tous les corps de métier, poursuit-elle, mais un accident dans le bâtiment, souvent, ça ne pardonne pas..."

C’est bien cela que le ministère du Travail, dans le cadre d’une campagne nationale relayée en région par des contrôles ciblés, tente de faire comprendre. Les fédérations professionnelles régionales, les maîtres d’ouvrages, les promoteurs, doivent se sentir plus concernées par la sécurité des ouvriers. Dans les Bouches-du-Rhône, deux nouvelles journées de contrôles seront organisées d’ici la fin de l’année. "Mais entre les deux, on ne lâche rien", promet Vincent Tiano. La Direccte Paca avait contrôlé l’an passé plus de 2000 entreprises du BTP.

Delphine Tanguy

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Campagne : "Travailler tue en toute impunité : pour combien de temps encore ?"

mardi 24 juin 2014, par SMG.
Mis à jour le jeudi 26 juin 2014

Signer l’appel : http://www.fondation-copernic.org/petition/index.php?petition=3

La Provence. com
Marseille : Le BTP regarde ses hommes tomber
MARSEILLE / PUBLIÉ LE VENDREDI 06/06/2014 À 05H27
L’inspection du travail dénonce le manque de sécurité

Ces barrières réglementaires de sécurité sont très souvent absentes sur les chantiers "moyens" (immeubles en R+2 ou 3). Les ouvriers y risquent leur vie en permanence.

Qu’avez-vous fait il y a cinq minutes ? Dans le BTP, en France, un ouvrier est tombé. Dans cinq minutes, il en tombera un autre. 288 chaque jour de l’année. Les chutes de hauteur sont la première cause d’accident du travail, d’incapacité et de mortalité dans le bâtiment. L’an passé, à l’échelle nationale, elles ont donné lieu à 1,86 millions de journées d’arrêt de travail, 47 décès et 2 044 incapacités permanentes (dans les Bouches-du-Rhône depuis le 1er janvier, on dénombre 9 accidents graves, dont un mortel à Marseille).

Des drames qui pourraient, le plus souvent, être évités avec d’élémentaires -et de fait, obligatoires !- mesures de sécurité. Or, celles-ci sont malheureusement trop peu souvent observées, comme vient encore de le constater la Direccte Paca au cours de deux journées de contrôle "coup de poing" sur les chantiers du département. "Nous avons ciblé les chantiers de type II, c’est-à-dire concernant des immeubles en R+2 ou 3", explique Vincent Tiano, directeur du travail. 171 entreprises sur 91 chantiers avaient été visitées en avril, 130 sociétés sur 106 chantiers en juin.

Le bilan ? Il fait peur. Échelles utilisées comme stations de travail, plateformes sans protection, trémies non-protégées, les ouvriers risquent leur vie en permanence. 211 infractions (deux par chantier) constatées en avril, 168 en juin. Des rappels à l’ordre ont été envoyés et 32 chantiers ont fait l’objet d’une décision d’arrêt temporaire des travaux. Contrôleurs du travail, Jérôme Lunel et Corinne Daiguemorte voient ces interventions comme "une façon de faire de la prévention" dans un monde peu sensible à la protection des salariés. "C’est une question de culture, de mentalité, soupire Mme Daiguemorte. On y considère que c’est un métier d’homme, que c’est normal d’y prendre des risques." En la matière, le BTP n’est "peut-être pas le plus mauvais élève de tous les corps de métier, poursuit-elle, mais un accident dans le bâtiment, souvent, ça ne pardonne pas..."

C’est bien cela que le ministère du Travail, dans le cadre d’une campagne nationale relayée en région par des contrôles ciblés, tente de faire comprendre. Les fédérations professionnelles régionales, les maîtres d’ouvrages, les promoteurs, doivent se sentir plus concernées par la sécurité des ouvriers. Dans les Bouches-du-Rhône, deux nouvelles journées de contrôles seront organisées d’ici la fin de l’année. "Mais entre les deux, on ne lâche rien", promet Vincent Tiano. La Direccte Paca avait contrôlé l’an passé plus de 2000 entreprises du BTP.

Delphine Tanguy

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