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	<title>Le Syndicat de la M&#233;decine G&#233;n&#233;rale SMG</title>
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		<title>Lettre du SMG aux adh&#233;rents</title>
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		<dc:date>2004-02-29T23:00:00Z</dc:date>
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		<description>&lt;p&gt;Au sommaire de cette premi&#232;re lettre trois sujets :&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; le rapport du Haut Conseil pour l'avenir de l'Assurance maladie&lt;/li&gt;&lt;li&gt; les journ&#233;es de printemps 2004 du SMG et de la Revue Pratiques &#224; Marly &lt;/li&gt;&lt;li&gt; la question de la permanence des soins&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;

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&lt;a href="http://www.smg-pratiques.info/-La-lettre-du-SMG-aux-adherents-.html" rel="directory"&gt;La lettre du SMG aux adh&#233;rents - 2004&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cher(e) adh&#233;rent(e),&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les d&#233;bats au sein de la Commission Ex&#233;cutive (CE) sont en g&#233;n&#233;ral tr&#232;s denses. Les comptes rendus des CE ne suffisent pas &#224; montrer la richesse de nos discussions et &#224; relater les analyses que nous faisons sur la situation g&#233;n&#233;rale ou plus sp&#233;cifiquement sur un probl&#232;me professionnel. Aussi nous allons tenter de vous tenir r&#233;guli&#232;rement inform&#233;s de nos analyses, nos commentaires, nos initiatives par une lettre trimestrielle. C'est &#233;galement une mani&#232;re de favoriser la communication au sein du SMG. La revue Pratiques et les communiqu&#233;s de presse, sont certes une bonne fa&#231;on de diffuser notre &#171; vision des choses &#187; mais cela n'est pas suffisant. Il est certain que cette lettre pourra jouer un r&#244;le positif si chacun d'entre vous &#224; la possibilit&#233; de r&#233;agir, de conforter ou de critiquer nos analyses, de les commenter, et de nous faire-part de vos r&#233;actions. N'h&#233;sitez pas &#224; faire &#171; chanter &#187; vos claviers, pour dynamiser nos d&#233;bats.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au sommaire de cette premi&#232;re lettre trois sujets :&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; le rapport du Haut Conseil pour l'avenir de l'Assurance maladie&lt;/li&gt;&lt;li&gt; les journ&#233;es de printemps 2004 du SMG et de la Revue &lt;i&gt;Pratiques&lt;/i&gt; &#224; Marly &lt;/li&gt;&lt;li&gt; la question de la permanence des soins&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le rapport du Haut Conseil pour l'avenir de l'Assurance maladie : un leurre pour mieux privatiser la protection sociale.&lt;/strong&gt;
Le rapport du Haut Conseil est un texte sign&#233; par toutes les organisations qui ont particip&#233;. Ces organisations ont par ailleurs leurs analyses propres du syst&#232;me et des objectifs propres quant &#224; son &#233;volution. Le gouvernement lui compte utiliser ce texte pour faire passer sa contre-r&#233;forme. Il sera int&#233;ressant de voir comment vont se positionner les organisation qui ont cosign&#233; ce texte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;La question qui se pose &#224; chacun d'entre nous, que nous soyons acteur du soin ou utilisateur de l'Assurance maladie est de savoir ce que sera r&#233;ellement la r&#233;forme du syst&#232;me de distribution des soins.
La m&#233;thode utilis&#233;e actuellement par le gouvernement peut appara&#238;tre comme soucieuse du dialogue social ; c'est d'ailleurs son objectif de le faire croire : le Haut Conseil pour l'avenir de l'Assurance maladie a &#233;t&#233; capable en un temps tr&#232;s court de faire un diagnostic de la situation et de tracer des pistes qui doivent permettre au gouvernement de conduire la r&#233;forme dans un consensus r&#233;publicain exemplaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous pensons qu'il y a duperie &#224; plusieurs niveaux.
Premi&#232;re duperie : Le rapport du Haut Conseil : un constat sur le fonctionnement du syst&#232;me de soins dont les &#233;l&#233;ments sont connus pour l'essentiel depuis longtemps, une affirmation unanime qu'il est possible de faire mieux et autrement alors que certains membres du Haut Conseil s'opposent depuis toujours &#224; toute transformation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Haut Conseil souligne :&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; l'absence de coordination du syst&#232;me de soins&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l'importance de consacrer des ressources collectives aux op&#233;rations de promotion de la sant&#233; et de pr&#233;vention primaire&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l'importance de la consommation m&#233;dicamenteuse et l'importance des sommes consacr&#233;s par l'industrie pharmaceutique &#224; la promotion du m&#233;dicament&#8230;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;Depuis des ann&#233;es, diff&#233;rents acteurs des champs sanitaires et sociaux ne cessent de mettre en exergue tous les dysfonctionnements, les in&#233;galit&#233;s, les aberrations du syst&#232;me de distribution des soins qui, rappelons le, n'est pas un syst&#232;me de sant&#233;.
Des propositions de transformations sont faites depuis longtemps, des changements de pratiques sont initi&#233;s depuis plus de quinze ans, des dispositifs pour lutter contre les in&#233;galit&#233;s notamment dans l'acc&#232;s aux soins sont &#224; l'&#339;uvre dans la lutte contre l'exclusion, des nouvelles modalit&#233;s de formation des soignants existent&#8230;. ( travail en r&#233;seau de sant&#233; de proximit&#233; initiant des coop&#233;rations nouvelles et de nouvelles modalit&#233;s de formation, FMC ind&#233;pendante de l'industrie pharmaceutique et organis&#233;e par la profession, collectif Europe et M&#233;dicament sur l'initiative de la revue Prescrire pour une politique du m&#233;dicament au service de la sant&#233; publique, lutte des victimes de l'amiante, associations de malades tel Act-Up qui ont modifi&#233; les rapports soignants- soign&#233;s&#8230;. )
Tout cela se fait &#224; la marge du syst&#232;me de soins parce que les gestionnaires, les d&#233;cideurs politiques, l'administration refusent de donner du cr&#233;dit et de la reconnaissance &#224; ces transformations. Et d'un seul coup ce qui n'&#233;tait qu'exp&#233;riences marginales devient le socle de propositions pour r&#233;former l'Assurance maladie ? On a de la peine &#224; croire en la sinc&#233;rit&#233; des r&#233;dacteurs de ce texte, d'autant plus que l'on retrouve parmi eux, ceux l&#224; m&#234;me qui mobilisent tant d'&#233;nergie pour que rien ne change.
Ou peut &#234;tre que sous la baguette magique de Monsieur Fragonard une r&#233;v&#233;lation se serait produite ? : les d&#233;fenseurs d'une m&#233;decine lib&#233;rale pure et dure se seraient convertis &#224; une m&#233;decine plus socialis&#233;e avec un encadrement des honoraires, les actionnaires de l'hospitalisation priv&#233;e accepteraient la diminution des profits, l'industrie du m&#233;dicament accepterait d'&#234;tre au service du bien &#234;tre des populations. Nous n'y croyons pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;me duperie : Le Haut Conseil tout en r&#233;affirmant les grands principes d'acc&#232;s aux soins, de solidarit&#233; et d'am&#233;lioration de fonctionnement du syst&#232;me de soins ouvre en fait la porte aux mesures pr&#233;conis&#233;es dans le Rapport Chadelat&lt;/strong&gt; (cf. &lt;i&gt;Pratiques&lt;/i&gt; n&#176; 23). Celui-ci, demand&#233; par le m&#234;me gouvernement et remis il y a un an pr&#233;conisait clairement une approche de privatisation : baisse de la prise en charge par l'Assurance maladie obligatoire avec report sur les couvertures compl&#233;mentaires, co-gestion, co-r&#233;gulation avec les organismes compl&#233;mentaires. Le Haut Conseil dans son rapport&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; s'appuie sur une pr&#233;vision d'augmentation lin&#233;aire des d&#233;penses de soins dans les ann&#233;es &#224; venir pour souligner que &#171; le niveau et la dynamique de ses d&#233;penses place d&#233;sormais l'Assurance maladie en situation de grande difficult&#233; &#187; et justifier l'action sur plusieurs leviers dont la baisse des remboursements&lt;/li&gt;&lt;li&gt; reprend la th&#233;matique de la &#171; responsabilisation &#187; des patients par le biais du &#171; ticket mod&#233;rateur &#187; ce qui limite l'acc&#232;s aux soins des m&#233;nages les plus modestes alors que le Haut conseil affirme lui-m&#234;me qu'&#171; il n'y a pas de donn&#233;es incontestables et r&#233;centes du taux de prise en charge socialis&#233;e sur les d&#233;penses et sur l'&#233;tat de sant&#233; &#187; et &#171; qu'un haut degr&#233; de socialisation de la d&#233;pense n'entra&#238;ne des gains caract&#233;ris&#233;s en terme de sant&#233; que pour les m&#233;nages les plus modestes &#187;. &lt;/li&gt;&lt;li&gt; estime qu'&#171; on peut faire &#233;voluer certains param&#232;tres de la prise en charge &#187; ; or c'est souvent en faisant &#233;voluer les param&#232;tres que l'on parvient &#224; remettre en cause les principes. &lt;/li&gt;&lt;li&gt; envisage un ajustement des taux de remboursement tout en souhaitant &#233;pargner les m&#233;nages aux d&#233;penses de soin les plus &#233;lev&#233;es : il s'agit l&#224; d'une distinction entre le gros risque qui serait bien pris en charge pour tous et le petit risque moins bien rembours&#233; par l'Assurance maladie obligatoire : cette distinction est dangereuse car une prise en charge pr&#233;coce pour des soins peu importants peut permettre d'&#233;viter des soins lourds ; cette distinction aggrave les in&#233;galit&#233;s sociales de sant&#233; en retardant l'acc&#232;s aux soins des personnes aux revenus les plus faibles. &lt;/li&gt;&lt;li&gt; pr&#233;conise des mesures compensatoires pour les revenus les plus modestes ce qui rejoint les propositions d'aide &#224; l'achat d'une compl&#233;mentaire contenues dans le rapport Chadelat ; cette aide &#224; l'achat ne compensera jamais la baisse de prise en charge par le r&#233;gime obligatoire : contrairement aux cotisations pour l'Assurance maladie obligatoire , le prix des compl&#233;mentaires n'est pas proportionnel aux revenus ( sauf les mutuelles de fonctionnaires avec un montant plafonn&#233;) , il d&#233;pend de l'&#226;ge et parfois de l'&#233;tat de sant&#233; de l'assur&#233; , le prix est libre et augmentera du fait du d&#233;sengagement de l'Assurance maladie obligatoire ( les assurances compl&#233;mentaires ont augment&#233; de 6 &#224; 10 % cette ann&#233;e) &lt;/li&gt;&lt;li&gt; estime que &#171; ces &#233;volutions supposeraient une plus &#233;troite coordination des diff&#233;rents financeurs du risque maladie : assurances sociales obligatoires et assurances compl&#233;mentaires &#187; : nous retrouvons-l&#224; l'introduction des mutuelles et des assurances priv&#233;es dans la co-gestion co-r&#233;gulation qui modifiera compl&#232;tement l'organisation du syst&#232;me de soins pour les patients et les soignants avec la mise en place de fili&#232;res de soin ; l'Assurance maladie se d&#233;faussant sur les compl&#233;mentaires d'un r&#244;le de contr&#244;le qu'elle n'a jamais pu ou voulu jouer ; le contr&#244;le par les compl&#233;mentaires &#233;tant par ailleurs facilit&#233; par le suivi de consommation individuelle dont le Haut Conseil accepte le principe. &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Troisi&#232;me duperie :
Pendant que le Haut Conseil d&#233;lib&#232;re, le gouvernement prend des mesures qui indiquent assez clairement ses r&#233;elles intentions politiques pour l'avenir de l'Assurance maladie&lt;/strong&gt;
En m&#234;me temps que chacun, la main sur le c&#339;ur, vante les m&#233;rites de notre syst&#232;me de soins solidaire, des mesures sont prises qui renforcent les in&#233;galit&#233;s et qui montrent parfaitement le glissement vers le d&#233;sengagement de l'Assurance maladie au profit d'un financement compl&#233;mentaire via les mutuelles et l'assurance priv&#233;e.
Il ne suffit pas de dire qu'il n'y aura pas de privatisation du syst&#232;me de soins comme le fait avec insistance Monsieur Mattei pour que cela devienne une v&#233;rit&#233;.
Au moment o&#249; le rapport r&#233;affirme l'&#233;galit&#233; d'acc&#232;s aux soins et la n&#233;cessit&#233; d'am&#233;liorer la qualit&#233; des soins le gouvernement :&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; remet en cause l'Aide m&#233;dicale d'&#233;tat aux &#233;trangers sans papiers,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; augmente le forfait hospitalier, &lt;/li&gt;&lt;li&gt; supprime l'exon&#233;ration du ticket mod&#233;rateur pour les soins pr&#233; et post- op&#233;ratoires (ce que le Haut Conseil semble ignorer puisqu'il parle de cette exon&#233;ration comme un des &#233;l&#233;ments entra&#238;nant une augmentation du taux de prise en charge par le r&#233;gime de base) &lt;/li&gt;&lt;li&gt; baisse le taux de remboursement de m&#233;dicaments dont certains sont pourtant utiles.
Ces mesures entra&#238;nent une discontinuit&#233; des soins, une mauvaise prise en charge des personnes malades et renforcent de mani&#232;re consid&#233;rable les in&#233;galit&#233;s d'acc&#232;s aux soins,
Il y a donc bien d'un c&#244;t&#233; un discours qui se veut garant des valeurs constitutionnelles de l'Assurance maladie et de l'autre des actes qui d&#233;montrent le contraire.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous savons pourtant que des transformations sont possibles pour aller vers un v&#233;ritable syst&#232;me de sant&#233;.&lt;/strong&gt; Nous conduisons depuis suffisamment longtemps &#224; la marge du syst&#232;me des pratiques nouvelles pour savoir qu'il est possible de soigner diff&#233;remment et mieux les personnes malades ; qu'il est possible de se former mieux pour &#234;tre plus comp&#233;tent face aux r&#233;alit&#233;s de l'&#233;volution des maladies ; qu'il est possible de coordonner l'action des acteurs du soin dans des coop&#233;rations non hi&#233;rarchiques pour &#234;tre plus efficient ; qu'il n'y a pas d'am&#233;lioration de la qualit&#233; des soins sans une approche m&#233;dico-psycho- sociale des personnes malades. Nous savons &#233;galement qu'on ne peut pas parler de qualit&#233; des soins si l'exp&#233;rience acquise par les personnes malades n'est pas reconnue comme une expertise qui a sa place &#224; cot&#233; de l'expertise des professionnels. Nous savons parce que c'est une &#233;vidence que nous devons agir sur la cause des maladies et non pas seulement sur leurs effets. La pr&#233;vention, notamment en luttant contre toutes les nuisances qu'elles soient environnementales, au travail ou dans la vie sociale, est un &#233;l&#233;ment essentiel pour diminuer le co&#251;t de la maladie. L'&#233;ducation des personnes est un enjeu d'avenir pour mieux lutter contre les maladies chroniques et invalidantes, faut-il encore aussi accepter de mettre plus de participation et de d&#233;mocratie dans notre syst&#232;me de sant&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour conduire ce changement vers une v&#233;ritable Assurance sant&#233; des ruptures importantes sont &#224; effectuer.&lt;/strong&gt; Il faut rompre avec le mod&#232;le dominant du tout bio-m&#233;dical, il faut sortir des dogmes de la m&#233;decine lib&#233;rale sur la r&#233;mun&#233;ration, la concurrence, l'exercice solitaire&#8230;il faut repenser le r&#244;le de l'h&#244;pital dans une approche sanitaire et sociale, il faut inscrire toutes ces transformations dans une v&#233;ritable politique de sant&#233; publique, qui doit faire l'objet d'un authentique d&#233;bat public, il faut mettre la politique du m&#233;dicament au service de la sant&#233; publique et non des int&#233;r&#234;ts de l'industrie pharmaceutique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;En conclusion :&lt;/strong&gt;
Le gouvernement conna&#238;t l'attachement des citoyens au syst&#232;me d'Assurance maladie obligatoire. Pour faire passer sa &#171; contre-r&#233;forme &#187; qui consiste en une diminution de la part prise en charge par l'assurance maladie obligatoire, il faut qu'il convainque l'opinion publique et une partie des syndicats de travailleurs de la gravit&#233; de la situation dans laquelle est l'Assurance maladie et de la n&#233;cessit&#233; pour la &#171; sauver &#187; de diminuer sa charge, c'est &#224; dire de diminuer la part des d&#233;penses qu'elle prend en charge. Il faut aussi qu'il propose des &#171; rem&#232;des &#187; et passe des alliances : c'est vers le monde mutualiste qu'il risque de se tourner pour faire passer la &#171; potion &#187; : actuellement les mutuelles sont en position financi&#232;re difficile du fait du d&#233;sengagement progressif et unilat&#233;ral de l'Assurance maladie obligatoire ; le gouvernement va probablement leur demander de prendre en charge une part plus importante des d&#233;penses en leur offrant en contre-partie la possibilit&#233; de contr&#244;ler les d&#233;penses et en accordant une aide aux citoyens pour l'achat de compl&#233;mentaires. Dans le sillage des mutuelles, les assurances priv&#233;es auraient le m&#234;me statut pour le plus grand bonheur de la F&#233;d&#233;ration fran&#231;aise des soci&#233;t&#233;s d'assurances et du MEDEF. Il faut enfin que le gouvernement se concilie les professionnels du soin en n&#233;gociant avec eux tarifs et conditions d'exercice. Si nous voulons &#233;viter le pire et ne pas perdre espoir dans une v&#233;ritable r&#233;forme de l'Assurance maladie, nous devons d'une part d&#233;noncer le leurre que constitue ce rapport du Haut Conseil pour l'avenir de l'Assurance maladie et d'autre part montrer qu'il est possible aujourd'hui de proposer un autre syst&#232;me de sant&#233; qui est plus en phase avec les aspirations des professionnels et les besoins de sant&#233; des populations.
Nous devons enfin interpeller tous ceux : mutuelles, partis, syndicats, associations qui se prononcent pour une Assurance maladie solidaire et dont certains ont particip&#233; aux travaux du Haut Conseil : mettent-ils clairement comme pr&#233;alable &#224; toute r&#233;forme de l'Assurance maladie non seulement le maintien mais encore l'am&#233;lioration du niveau de prise en charge des soins pour tous par l'Assurance maladie obligatoire ( ce que n'a pas fait le Haut Conseil).
C'est avec tous ceux qui ont cette exigence que nous pouvons faire un front commun pour affirmer qu'une autre Assurance sant&#233; solidaire est possible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Journ&#233;es de Printemps du SMG et de la Revue Pratiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme chaque ann&#233;e nous organisons les journ&#233;es de printemps du SMG et de la Revue Pratiques. Cette ann&#233;e la rencontre aura lieu dans la banlieue parisienne dans un cadre champ&#234;tre. Ce qui sera bien utile pour r&#233;ussir notre pari. En effet comme nous venons de l'&#233;crire dans l'analyse du rapport du Haut Conseil pour l'avenir de l'Assurance maladie nous pensons qu'il est indispensable que des acteurs de la sant&#233; puissent d&#233;crire le syst&#232;me de sant&#233; dans lequel ils souhaitent travailler. Il ne suffit pas de d&#233;noncer l'existant il faut &#234;tre capable de dire ce que nous voulons. A partir de nos exp&#233;riences, de notre connaissance de l'exercice professionnel nous souhaitons proposer des transformations qui permettent de construire un nouveau syst&#232;me de sant&#233;. Pour cela nous choisirons des th&#233;matiques qui mettent bien en valeur l &#8216;approche m&#233;dicale, psychologique et sociale de la sant&#233;. Puis nous tenterons de d&#233;finir ensemble les contours d'un syst&#232;me de sant&#233; o&#249; nous aimerions d&#233;velopper notre travail. Entre utopie et r&#233;alit&#233; il y a un espace accessible d&#232;s maintenant o&#249; il est possible de faire autrement. Nous sommes des acteurs de terrains qui chaque jour affrontent ces r&#233;alit&#233;s. Cela nous donne suffisamment de l&#233;gitimit&#233; pour oser dire ce que nous voulons. Plus nous serons nombreux , plus riches seront nos propositions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Journ&#233;es de Printemps de Pratiques du vendredi 7 mai apr&#232;s midi au dimanche 9 mai midi &#224; Marly le Roi en banlieue ouest de Paris : Inscrivez-vous rapidement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ouvrons le d&#233;bat sur la permanence des soins&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelle permanence des soins souhaitons-nous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux d&#233;crets sont parus cet automne qui d&#233;finissent une nouvelle permanence des soins. Le premier d&#233;crit les modalit&#233;s d'organisation, de participation des m&#233;decins &#224; la permanence des soins, le second modifie l'article 77 du code de d&#233;ontologie pour une participation volontaire des m&#233;decins &#224; la garde m&#233;dicale. Depuis, progressivement le syst&#232;me se met en place sous la responsabilit&#233; des pr&#233;fets qui doivent mettre en forme les Codamups : (comit&#233; d&#233;partemental de l'aide m&#233;dicale urgente, de la permanence des soins et des transports sanitaires)
Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il existe une diversit&#233; dans la mise en &#339;uvre. La r&#233;gulation est soit r&#233;partie entre le centre 15 et les m&#233;decins lib&#233;raux, soit unifi&#233;e. L'organisation est variable entre la ville et la campagne. Nous voyons se d&#233;velopper en ville les maisons m&#233;dicales de garde et &#224; la campagne il y a regroupement des secteurs de garde. Quant &#224; la mobilisation et participation des m&#233;decins elle est fluctuante !!!
Ceci ne nous &#233;tonne pas. Il ne s'agit pas seulement d'un probl&#232;me d'organisation ni m&#234;me de r&#233;mun&#233;rations. La permanence des soins int&#233;resse l'ensemble des acteurs sanitaires parce qu'elle est de fait un service offert au publique dans le cadre d'une &#233;volution des pratiques de recours aux soins de la population. La r&#233;organisation de la permanence des soins n'a pas pour objectif de solutionner le probl&#232;me des urgences de l'h&#244;pital. C'est un bon exemple de ce que doit &#234;tre un syst&#232;me de sant&#233; publique. Il doit r&#233;pondre &#224; un besoin des populations et &#234;tre construit en partenariat avec les services publics, les collectivit&#233;s locales, l'&#233;tat, la population et les soignants. Tant que ce secteur sera consid&#233;r&#233; comme un march&#233; o&#249; la concurrence fait loi il est certain que la plupart des m&#233;decins lib&#233;raux et autres soignants qui ne sont pas adeptes de cette mani&#232;re de travailler ne s'investiront pas dans la garde m&#233;dicale. Tant que les centres 15 r&#233;guleront autant les appels que le march&#233; de la visite il y aura confusion des r&#244;les. Tant que la soci&#233;t&#233; via ses m&#233;dias sur-valorisera l'offre de soins hospitali&#232;re la population se pr&#233;cipitera &#224; l'h&#244;pital pour soulager ses angoisses. La permanence des soins n'est pas simplement un probl&#232;me d'organisation de l'offre de soins urgente, c'est tout &#224; la fois l'organisation de la coop&#233;ration entre acteurs de ville et de l'h&#244;pital, c'est la d&#233;finition des missions de sant&#233; des villes et d&#233;partements, c'est l'&#233;ducation sanitaire des populations face &#224; l'expression de la maladie et de ses sympt&#244;mes, c'est la d&#233;finition du co&#251;t que la soci&#233;t&#233; est pr&#234;te &#224; payer pour ce service public. Cela montre clairement ce que pourrait &#234;tre aujourd'hui un syst&#232;me de sant&#233; publique au service des populations lib&#233;r&#233; des contraintes et principes de fonctionnement de la m&#233;decine lib&#233;rale.
&lt;strong&gt;En ce qui concerne les gardes, nous pouvons d'ores et d&#233;j&#224; avancer quelques principes directeurs &#224; d&#233;battre et compl&#233;ter mais qui nous semblent devoir &#234;tre respect&#233;s quelle que soit la diversit&#233; des situations :&lt;/strong&gt; - la mise en place d'un syst&#232;me de garde doit permettre aux m&#233;decins d'assurer quelle que soit l'heure les vraies urgences (type : asthme grave, OAP) qui ont jusqu'ici &#224; juste titre fait partie des missions du m&#233;decin de garde : tout secteur de garde trop &#233;tendu rend la visite en urgence impossible ; toute interruption dans la permanence telle celle qui est souvent envisag&#233;e de 0 H &#224; 6 H est une aberration m&#234;me si les appels sont peu fr&#233;quents sur ces cr&#233;neaux. La seule exception pourrait &#234;tre la possibilit&#233; pour les SAMU d'&#234;tre rapidement pr&#233;sents sur place et suffisamment disponibles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; la mise en place d'un syst&#232;me de garde ne doit pas se faire aux d&#233;pends de ceux qui sont les plus d&#233;favoris&#233;s : tout syst&#232;me de consultations d'urgences centralis&#233; qui n'offrirait pas aux gens la possibilit&#233; de se d&#233;placer (taxis, ambulances) p&#233;naliserait ceux qui n'ont pas de moyens de transport ou d'entourage complaisant : personnes aux revenus les plus faibles ou les plus &#226;g&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la question de la permanence des soins ne concerne pas que les soignants ou pire que les m&#233;decins, elle concerne tous les citoyens et doit &#234;tre d&#233;battue dans les secteurs avec eux et leurs &#233;lus. &lt;/li&gt;&lt;li&gt; la permanence des soins est une mission de service public, ceux qui l'effectuent ont droit &#224; des conditions de travail et de repos correctes ainsi qu'&#224; une r&#233;mun&#233;ration adapt&#233;e.
Il ne faut pas se cacher les implications financi&#232;res en ce qui concerne les possibilit&#233;s de prise en charge par l'Assurance maladie des d&#233;placements des patients quand ils sont justifi&#233;s, ni la probl&#233;matique des zones &#224; densit&#233; m&#233;dicale trop faible, ni la difficile question du principe adopt&#233; par d&#233;cret, &#224; la demande des m&#233;decins , du volontariat dans la prise de garde qui risque de faire reposer dans certaines zones la permanence sur quelques &#233;paules seulement.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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