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La massification

mercredi 1er novembre 2006
Mis à jour le mercredi 1er novembre 2006

La situation du médecin de famille salarié du système public de santé

Le contrat du médecin de famille espagnol porte sur ses conditions de travail et de rémunération et sur les objectifs spécifiques d’un système public de santé.
Ce contrat a tendance à évoluer négativement, car la précarité du travail est entrée aussi dans la profession médicale et, par ailleurs, il y a actuellement une absence de valorisation du système public de santé, conséquence du recul, lié à l’idéologie néolibérale, de la notion de service public.

Il est à la fois important et complexe que le médecin, en tant que travailleur, bénéficie d’une reconnaissance et d’une perspective sociale dans son propre travail.
Il y a un réel problème de participation des médecins aux objectifs du système de santé, au niveau des orientations prioritaires, de l’investissement dans des activités de prévention et de promotion de la santé. Les autorités sanitaires (région, districts) sont excessivement dirigistes et ne facilitent pas la participation des médecins ; par ailleurs, il y a une certaine passivité de ces derniers et une résignation à leur situation, un échec accepté : leur participation à la lutte de la plate-forme des associations, revendiquant une augmentation du temps de consultation à 10 minutes, a été très faible.

La « massification »

Le nombre de consultations réalisées par les médecins est excessif, de même que la demande de consultations de la part des usagers.

C’est un problème important, surtout au niveau des grandes villes, mais il y a des Centres de Santé qui ont réussi à apporter des réponses efficaces :
- une meilleure orientation des demandes qui pourrait être faite par les infirmier(e) s : trop de consultations médicales ont lieu pour des demandes administratives et des renouvellements de médicaments ;
- l’étude des caractéristiques des usagers qui consultent beaucoup, appelés ici les « hyperfrequenters » et l’organisation pour eux d’activités spécifiques de consultations et d’éducation sanitaire ; les médecins pouvant aussi pratiquer de l’éducation sanitaire au sein des consultations courantes (1) ;
- un travail d’éducation sanitaire collectif à partir des questions soulevées par les usagers, mais il n’y a presque pas d’initiatives à ce niveau ;
- la modification du schéma traditionnel et exclusif de consultation médicale individuelle et l’introduction de consultations de groupe ; dans un Centre de Santé de la ville de Malaga, un jour par semaine, un groupe de patients ayant des maladies chroniques part sur un boulevard à côté de la plage ; tout en se promenant les gens discutent les uns avec les autres et le médecin parle aussi de façon individuelle avec les patients ;
- des visites au domicile des « hyperfrequenters » faites par les infirmiers et les travailleurs sociaux en coordination avec les médecins ;
- la mise en place dans les centres de santé d’activités (relaxation, yoga...) permettant de relativiser l’intervention du médecin comme réponse exclusive aux problèmes de soin et de santé des patients.

L’orientation générale du système de soins

Le système de soins est excessivement (presque exclusivement) orienté vers la prise en charge curative de la maladie (primat du biomédical) et a presque abandonné une conception globale de la santé. Les activités d’éducation sanitaire, par exemple, sont très dépendantes des maladies et sont orientées presque uniquement vers le contrôle des variables biologiques (tension artérielle, cholestérol, glycémie...).

La domination effective des intérêts de l’industrie pharmaceutique et de l’industrie de la technologie diagnostique.

Elle est de jour en jour plus importante. Il y a une occultation des contextes sociaux, économiques et politiques dans lesquels sont « cultivés » les problèmes de santé. De ce fait, les réponses aux questions liées à la santé sont dirigées vers l’intérieur des individus et de ses « machines cellulaires ». La « massification » est en partie liée à cette orientation biomédicale du système.

1) Un des freins à ces interventions est probablement la durée de la consultation qui est insuffisante pour une véritable prise en charge ; ne peut-on penser que les médecins comptabilisent certaines consultations, qui n’en sont pas vraiment, pour récupérer leur quota horaire et qu’ils n’ont ni le temps ni le désir dans ce contexte d’éduquer leurs patients (remarque de la rapporteuse).

P.-S.

Retrouvez cet article dans la revue Pratiques n° 35 d’octobre 2006.

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